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Chapitre 6

     Durant ma troisième année de collège, n’ayant pas le niveau souhaité pour le passage en 4ème, j’ai redoublé ma 5ème. Dans cette classe de 25 élèves, il y avait un tronc commun pour les entendants et les sourds en sport, physique-chimie et SVT mais les 4 élèves sourds dont moi, étudiaient les autres matières avec des professeurs spécialisés attentifs à la surdité. Je continuais évidemment l’orthophonie 2h par semaine comme les années précédentes.

     L’année s’est très bien déroulée, beaucoup mieux que les autres, mes notes s’étaient nettement améliorées, j’étais plus attentive en cours et j’avais trouvé quelques « amis ». Je me sentais mieux, étant encouragée par les professeurs, entourée par les élèves sourds et acceptée par presque tous les entendants.

 

 

     Il s’est passé aussi beaucoup de choses en dehors de ma scolarité :

 

     Aux sports d’hiver, j’ai suivi pour la première fois des cours de snowboard. Je pratiquais le ski mais le snowboard me tentait depuis longtemps. J’ai vraiment adoré ! Le moniteur m’expliquait avec patience et pédagogie toutes les difficultés de ce sport en prenant en compte mon handicap. Le matin, je me rendais aux cours de snowboard et l’après-midi je me promenais dans la montagne avec mon père et ma petite sœur, nous profitions du paysage tout en skiant et en nous amusant avec la neige. Ma mère qui n’aime pas skier faisait du shopping en ville pendant ce temps-là. Le soir, les descentes en luge quand les pistes étaient désertées me remplissait de joie, les blagues, les chutes exprès ou non, les courses chronométrées sont des souvenirs inoubliables.

 

 

 

     Cette année-là, je m’essayais à la Tecktonik : Tecktonik est une marque commerciale anciennement associée à une danse « la Danse Electro », ainsi qu’à un genre de musique électronique et un style vestimentaire particulier. C’était un impressionnant phénomène de mode chez les adolescents. J’avais des DVD, je regardais des vidéos sur YouTube, je me mettais devant un miroir pour faire les mêmes mouvements de danse très rythmés avec les bras et les pieds. J’aimais beaucoup ce style de musique car j’en ressentais bien les vibrations. Dans mon collège, beaucoup de jeunes s’y adonnaient et il y avait des cours de tecktonik de 30 mm le vendredi midi, j’y participais bien sûr. Je m’entrainais aussi chez ma grand-mère avec des DVD, ce qui donnait lieu à des fous rires collectifs car cette danse qui occupe tout l’espace le bas, le milieu et le haut, mais aussi la droite, le centre et la gauche part dans tous les sens de façon schématique et variés. Un des mouvements basiques de la Tecktonik consiste à croiser vos mains au niveau des poignets pour les faire tourner l’une autour de l’autre : pas facile et le faire en accéléré relève de la performance. Chez moi, avec mes parents et ma sœur, c’était les mêmes improvisations acrobatiques toujours à fond et drôles. C’était super !

 

 

 

     C’est l’année où mon père a acheté son premier bateau que nous avions baptisé avec enthousiasme le « black Pearl » (comme dans les films « Pirates des Caraïbes » que je regardais avec intérêt). Nous avions hâte de naviguer au gré des vagues sur cette embarcation. Quand ce jour-là est enfin venu, il nous est arrivé une drôle d’aventure..! Ma soeur et moi, nous jouions dans la petite cabine avec notre chien Rouky. Tout d’un coup nous avons constaté que de l’eau s’infiltrait dans la cabine, d’abord surprises puis apeurées, nous avons alerté nos parents à grands renfort de cris et de gesticulations… Le bateau commençait à couler, enfin, presque… Rouky qui s’était réfugié le plus haut possible, tremblait de tous ses membres. Toute la famille affolée s’est alors mobilisée pour évacuer l’eau en écopant avec des gobelets mais l’eau continuait de monter très vite. Heureusement qu’un plaisancier qui passait à proximité de nous est venu nous secourir en nous remorquant jusqu’à la terre ferme, ouf ! Quelle angoisse mais c’est une aventure inoubliable ! Quelques mois plus tard, mon père a acheté un deuxième bateau, nous sommes partis en vacances et tout s’est bien passé, rassurez-vous.

     Je me souviens aussi d’un après-midi. J’avais un BMX (Le BMX est un vélo agile et rigide, fait pour l’accélération et les sauts ainsi qu’un sport cycliste extrême, physique, technique et très spectaculaire). Moi, je m’amusais à rouler très vite dans les champs équipée de mon casque, gants, genouillères et coudières. Les freins du BMX sont différents que ceux du VTT : ils sont inversés. Et voilà, j’ai freiné du mauvais côté, la roue de devant s’est arrêtée nette et je suis passée par-dessus le guidon. Mon poignet droit s’est cogné très fort par terre ce qui a eu pour conséquence d’être emmenée aux urgences pour diagnostiquer une entorse (j’ai de temps en temps mal aujourd’hui encore) avec la pose d’un plâtre ! C’était mon premier plâtre ! Alors, au collège le lendemain, j’étais fière de le montrer en racontant toutes les péripéties de la veille (en exagérant peut être un peu) et mes amis ont signé dessus pour m’encourager.

     Il y a eu aussi les vacances à Fécamp avec mes grands-parents du côté de mon père. Pour me faire plaisir, ils avaient invité une amie que j’apprécie beaucoup depuis l’école primaire : Marine. J’étais heureuse de passer quelques jours avec elle. Cette année-là, Il y avait un des évènements le plus important du monde de la mer : l’Armada qui est un rassemblement de grands voiliers organisé à Rouen. Il a lieu tous les quatre à six ans sur les quais de la Seine. Nous avons fait de nombreuses activités avec en vedette les bateaux, mais aussi leurs équipages.

Merci de me suivre !


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